Bilan conjoncturel 2019

En 2019, avec des températures particulièrement élevées l’été et une sécheresse persistante sur une grande partie de l’année, l’évolution des productions végétales est contrastée : baisse pour les oléagineux, la plupart des légumes d’été et la vigne, hausse pour les céréales et les fruits. Les productions animales se maintiennent globalement : hausse pour les porcins, les veaux de boucherie et les ovins, recul pour les volailles, les oeufs, les gros bovins, et quasi-stabilité pour la collecte de lait. Les cours à la production augmentent dans l’ensemble, sous l’effet de la hausse de la plupart des légumes d’été, de la pomme de terre, du lait et des porcins. Ceci dans un contexte d’accroissement des coûts de production du fait de la hausse du prix des engrais et des aliments.

Paru le : 13/12/2019

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Conjoncture – Synthèses


Une année 2019 en demi-teinte

L’année 2019 se caractérise sur les neuf premiers mois par des températures particulièrement douces en hiver et au printemps, voire chaudes en été (au 3e rang des étés les plus chauds) et par une pluviométrie globalement déficitaire dès l’hiver 2018-2019. Bénéfiques pour les fruits d’été, les conditions climatiques ont pesé sur les productions d’herbe, de légumes d’été, de colza, de lait et sur la vendange.

En 2019, les récoltes de céréales à paille et de protéagineux augmentent en France (sauf blé dur) grâce à des superficies et des rendements en hausse. Il s’agit de la récolte la plus importante après celles de 2014 et 2015. La qualité des blés est au rendez-vous. En revanche, les conditions climatiques pénalisent les cultures d’été (maïs) et surtout les oléagineux. Tout en reculant par rapport à la moyenne quinquennale, la récolte de maïs s’accroîtrait toutefois légèrement sur un an, la hausse des surfaces faisant plus que compenser le repli des rendements. Quant à la récolte de colza, elle chuterait sous l’effet de la baisse des surfaces liée à la sécheresse lors des semis de l’été 2019, les rendements restant comparables à ceux de l’an dernier. Les récoltes de grains au niveau mondial (Ukraine, Argentine) et dans l’Union européenne sont également abondantes. Dans ce contexte, les cours des céréales françaises (hors blé dur) baissent par rapport à 2018, en dépit de prix qui se redressent en début de campagne. Les prix des grandes cultures sont toutefois fermes grâce à la bonne tenue des cours des pommes de terre et des oléagineux.

Pénalisés par le manque d’ensoleillement en première partie d’année et la sécheresse estivale, les rendements des légumes d’été se contractent. Conjuguée parfois au recul des surfaces, la baisse des rendements tire les récoltes à la baisse, à l’exception du concombre. Ces reculs favorisent la hausse des cours à la production (sauf pour la salade). En revanche, le redressement des productions de fruits, par rapport à une année 2018 de faible récolte, s’accompagne d’un repli des prix. Les chiffres d’affaires s’accroissent pour la plupart des fruits et des légumes (sauf melon, salade, chou-fleur et endive).

Au 1er octobre 2019, la production de vins s’établirait à 42,2 Mhl, en baisse de 14 % par rapport à 2018 et de 7 % comparée à la récolte moyenne des cinq dernières années. Le gel localisé au printemps, l’humidité et les basses températures au moment de la floraison et enfin la canicule et la sécheresse estivales concourent à faire de cette récolte l’une des plus basses des cinq dernières années, après celle historiquement faible de 2017. En revanche, l’état sanitaire des vignes est dans l’ensemble préservé. Dans un contexte où la commercialisation de la récolte abondante de 2018 se poursuit, les vins s’écoulent à des prix peu soutenus sur un an et par rapport aux cours moyens des cinq dernières campagnes.

Sur les neuf premiers mois de 2019, l’évolution des productions animales est contrastée : hausse des productions ovines, porcines, de broutards et de veaux, léger repli de la collecte laitière, recul des volailles, oeufs et gros bovins finis. La demande intérieure de viandes ovine et de volaille progresse, mais continue de diminuer pour les viandes bovine et porcine tandis que la seule consommation à domicile peine à repartir. Parallèlement, les importations de viandes bovine, ovine et de volaille s’accroissent, creusant le déficit des échanges extérieurs de ces filières. Le solde du commerce extérieur en viande porcine redevient positif grâce à l’appel d’air généré par la demande chinoise tandis que l’excédent des produits laitiers s’accroît, sous l’effet de la reprise du marché mondial des poudres écrémées. La marge des exploitants laitiers et surtout porcins s’améliore : la hausse des prix à la production, est supérieure en moyenne sur neuf mois à celle de leurs coûts de production, ce qui n’est pas le cas des exploitations bovines, pénalisées par le manque de ressources fourragères et un recours accru aux aliments.

Plus généralement, pour des volumes d’aliments quasiment stables, en hausse pour les bovins et les porcins et en baisse pour les volailles, le coût des aliments s’accroît en 2019. Au dernier trimestre 2019, la production d’aliments composés pourrait s’accélérer en raison de stocks de fourrages limités et déjà bien entamés en 2019. Avec un prix des engrais en augmentation également, les prix de l’ensemble des moyens de production achetés par les exploitants agricoles (Ipampa) sont en hausse sur un an (+ 2,5 %) pour la troisième année consécutive. Les prix de l’énergie restent stables.

En 2019, les cours de l’ensemble des produits agricoles, mesurés par l’indice des prix des produits agricoles à la production restent à un niveau élevé, malgré une certaine volatilité des cours en cours d‘année. En moyenne sur les neuf premiers mois, les prix s’accroissent de 2,9 % du fait de la hausse des légumes, du lait, des porcins et surtout des pommes de terre. L’année se caractérise par deux mouvements inverses : après une première partie d’année en hausse en moyenne sur un an, les prix deviennent inférieurs aux niveaux 2018 en seconde partie d’année. Ces évolutions reflètent la baisse des cours des céréales entre les deux campagnes (2018-2019 jusqu’en juillet et 2019-2020, ensuite).

Sur les neuf premiers mois de 2019 et pour la deuxième année consécutive, la production de la branche des industries agroalimentaires (hors tabac) se contracte, de même que la consommation alimentaire des ménages. En revanche, les prix à la production se redressent, tirant le chiffre d’affaires à la hausse et confirmant la reprise amorcée en 2017. L’excédent commercial s’accroît en valeur sous l’effet de l’augmentation des exportations de boissons alcoolisées.

En hausse pour la troisième année consécutive, l’excédent des produits transformés est porté en 2019 par le dynamisme des ventes de vins et spiritueux et, dans une moindre mesure, des produits laitiers. L’excédent des échanges de produits bruts participe également à la consolidation de l’excédent agroalimentaire global grâce à des exportations de céréales et de légumes bien mieux valorisées. Comme lors des deux années précédentes, l’excédent agroalimentaire provient exclusivement des échanges avec les pays tiers, le solde avec l’UE étant devenu structurellement déficitaire.