Estimations d’emploi agricole : emploi 2023 et estimations provisoires 2024

Entre 2022 et 2023, l’emploi mobilisé par les exploitations agricoles de France métropolitaine, mesuré en équivalents temps plein (ETP), diminue de 2,5 %. Cette baisse s’explique principalement par celle de l’emploi des chefs d’exploitations et coexploitants, dont le volume de travail diminue de 3,5 %. L'ampleur de cette baisse peut s’expliquer en partie par la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en 2023, qui introduit un critère d’ « agriculteur actif» pour être éligible aux aides de la PAC (notamment les aides directes). En 2024, d’après les estimations d’emploi provisoires, l’emploi agricole en France métropolitaine continuerait de diminuer, d’environ 0,5 %, et retrouverait son rythme de baisse tendanciel.

Etienne Apers, SSP - Bureau des statistiques sur la production et les comptabilités agricoles

Paru le : 05/08/2025

Publications nationales

N° 2025-2


Résumé

Entre 2022 et 2023, l’emploi mobilisé par les exploitations agricoles de France métropolitaine, mesuré en équivalents temps plein (ETP), diminue de 2,5 %. Cette baisse s’explique principalement par celle de l’emploi des chefs d’exploitations et coexploitants, dont le volume de travail diminue de 3,5 %. Le nombre d’ETP dans cette catégorie d’emploi diminue en 2023 de manière plus importante que la tendance des dernières années, cette inflexion pouvant s’expliquer, au moins en partie, par la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en 2023, qui introduit un critère d’ « agriculteur actif» pour être éligible aux aides de la PAC (notamment les aides directes). En métropole, les exploitants de plus de 67 ans ayant fait valoir leurs droits à la retraite, ainsi que les exploitants non redevables des cotisations d’accidents du travail auprès de la MSA (cotisations ATEXA) ne peuvent plus percevoir ces aides, et pour certains, arrêtent leur activité d’exploitant agricole, ce qui a réduit le nombre d’exploitants. Le volume de travail des salariés permanents augmente quant à luide 0,3 % entre 2022 et 2023.

L’emploi en ETP diminue dans toutes les spécialisations d’exploitations, exceptées les cultures fruitières et autres cultures permanentes, dans lesquelles il augmente de 2,4 % en 2023. Les plus fortes baisses s’observent dans les filières de la floriculture et de l’horticulture (- 5,7 %), ainsi qu’au sein du secteur céréalier et oléoprotéagineux (- 5,1 %).

Cette diminution de l’emploi en 2023 concerne toutes les régions de France métropolitaine, avec de fortes disparités. Alors que les Hauts-de-France voient leur niveau d’emploi agricole bien résister, diminuant de seulement 0,5 %, d’autres régions regroupant beaucoup d’emplois agricoles telles que l’Occitanie ou la Nouvelle-Aquitaine connaissent des baisses plus fortes que la
moyenne nationale, respectivement de – 4,0 % et – 3,5 %. Enfin, les salaires horaires bruts agricoles augmentent en moyenne de 4,5 % entre 2022 et 2023. Cette hausse est inférieure à celle du Smic (+ 6,6 % sur la même période). La hausse du salaire horaire brut varie fortement selon les filières, de + 1,0 % dans les élevages équins à + 5,8 % dans la culture des fruits et les autres cultures permanentes. En 2024, d’après les estimations d’emploi provisoires, l’emploi agricole en France métropolitaine continuerait de diminuer, d’environ 0,5 %, et retrouverait son
rythme de baisse tendanciel après l’effet « 2023 » lié à l’introduction du critère d’agriculteur actif pour bénéficier des aides de la PAC