Enquête sur les pratiques culturales en arboriculture et viticulture 2024 - IFT et nombre de traitements (Version révisée)

En 2024, les indicateurs de fréquence de traitement (IFT) en arboriculture et en viticulture présentent de fortes disparités selon les cultures et les régions

Lucie Souques, SSP- Bureau des statistiques végétales, animales et environnementales

Noémie Montcoudiol, SSP - Bureau des statistiques végétales, animales et environnementales

Avertissement

Cette version annule et remplace la version publiée le 22 mai 2026 sur le site Agreste pour corriger des erreurs détectées das le chapitre « Synthèse » de la présente publication et dans le fichier de données associées, conformément au code de bonnes pratiques de la statistique publique. La correction porte sur l’inclusion dans le champ IFT des fertilisants foliaires à base de cuivre ou de soufre appliqués avec une cible phytosanitaire. L’ensemble des tableaux des fichiers associés ont été corrigés avec prise en compte de cette inclusion. Ces corrections sont le plus souvent marginales sur les niveaux d’IFT (de l’ordre de 0,1) ; dans certains cas ponctuels, l’IFT a été révisé au maximum de 0,4 pour le raisin de cuve dans le bassin viticole Bugey-Savoie (passé de 15,6 à 16) et pour la pomme de table en Haute-Normandie (passé de 18,9 à 19,3).

Infographie

 

Synthèse

En 2024, les indicateurs de fréquence de traitement (IFT) en arboriculture et en viticulture présentent de fortes disparités selon les cultures et les régions

L’enquête sur les pratiques culturales en arboriculture et viticulture (PK AV24) révèle, pour la campagne agricole 2024, des niveaux d’usage des produits phytopharmaceutiques (PPP) très variables selon les fruits et les régions1.

En arboriculture, la pomme de table (31,7), la pêche (18,9), le raisin de table (14,7) et la banane (10,7) présentent un IFT total moyen supérieur à 10, ce qui s’explique par un usage plus élevé des fongicides et/ou insecticides comparé aux autres fruits. Les IFT fongicides moyens les plus élevés concernent la pomme de table (19,6), le raisin de table (12,7) et la banane (10,2), tandis que les IFT insecticides moyens les plus élevés concernent la pomme de table (10,3), la pêche (9,6) et la cerise (6,4). La part de l’IFT fongicide dans l’IFT total est de 60 % pour la pomme de table et environ de 90 % pour le raisin de table et la banane ; la part de l’IFT insecticide atteint 40 % pour la pomme de table, 50 % pour la pêche et 80 % pour la cerise.

Certains fruits présentent un IFT total moyen faible, avec une part importante de surfaces non traitées : environ 40 % des surfaces en olive et en pomme à cidre n’ont reçu aucun traitement, tandis que la totalité des surfaces en pêche et en raisin de table a été traitée au moins une fois. L’IFT total moyen reste inférieur à 5 pour la clémentine de Corse (4,9), la pomme à cidre (4,4), l’olive (1,9) et les agrumes en Guyane (1,3).

Concernant les traitements herbicides, l’IFT moyen se démarque pour les agrumes en Guyane avec une valeur de 1,2 alors qu’il est compris entre 0,1 et 0,3 pour les autres fruits enquêtés. De manière corrélée, la part des surfaces traitées par un herbicide est particulièrement élevée pour les agrumes en Guyane (90 %), contre 10 % pour l’olive et 68 % pour la pomme de table.

En viticulture, la totalité des surfaces sont traitées et le raisin de cuve présente un IFT total moyen de 14,9, dont un IFT fongicide moyen de 12,9. Parmi les 21 bassins viticoles enquêtés, les IFT totaux les plus élevés sont en Champagne (26,2), Gers (23,0), Bourgogne (21,2) et Cher (21,0), et les plus faibles dans les bassins de Provence-Méditerranée (7,5) et des Pyrénées-Orientales (7,3). En arboriculture, des différences régionales marquées apparaissent également pour l’IFT fongicide (raisin de table et banane) et l’IFT insecticide (pêche et cerise). Les pommes (de table et à cidre) en Bretagne et en Haute-Normandie affichent un IFT total moitié moindre que celui observé en Picardie et les Pays de la Loire.

Le mode de production biologique réduit l’IFT total moyen d’un bon tiers pour la prune, la pomme de table, les raisins et l’abricot, et de plus de la moitié pour la cerise, la pêche et la pomme à cidre. Les produits de biocontrôle représentent plus de la moitié de l’IFT total en agriculture biologique pour les raisins, l’olive et la cerise, les autres traitements étant en très grande majorité effectués avec des fongicides à base de cuivre.

1 Les résultats observés dépendent non seulement de la pression des bioagresseurs, mais aussi des facteurs agronomiques, des choix de protection phytosanitaire et des conditions météorologiques de l’année de référence sur laquelle porte l’enquête. L’année 2024 a été particulièrement pluvieuse en France. Ces conditions humides associées à des températures douces ont favorisé la pression de certaines maladies fongiques, ce qui a pu conduire à un recours plus important aux traitements phytosanitaires selon les cultures et les régions.